Ruffey-Lès-Echirey, le vignoble passé, présent et futur

Conférence du 25 avril 2018 : Le vignoble de Ruffey-Lès-Echirey : passé, présent et futur.
Pour en savoir plus …..

 

Une centaine de personnes a assisté à la conférence organisée par In Divio Véritas et présentée par Messieurs BUGADA Roland  et ROY Francis, conférencier.
A l’issue de la conférence, Monsieur GILLARD Patrice,  Vice Président des Sommeliers de Bourgogne a commenté les vins qui ont été servis, notamment ceux des communes de Saint Apollinaire et Bellefond.

Histoire des pâtis

Les pâtis communaux

Le lavoir du Basmont est devenu un but de promenade vespérale pour les habitants de Ruffey. Le passant, qui flâne sur le sentier ombragé longeant le ruisseau, ne peut imaginer que la possession de ces petits jardins familiaux a donné lieu à des litiges passionnés. Dans le passé, toucher aux communaux, c’était porter atteinte à une histoire ancestrale ! A travers leur étude, transparaît l’âme de notre village, d’où l’intérêt de s’interroger sur leur nature et sur leur destinée au travers des diverses procédures relevées.

I. Les communaux, propriété collective des habitants
Appelés pâtis ou pâquis, nos communaux existent depuis la nuit des temps. Dès l’antiquité, mais plus précisément à l’époque franque, les terrains de faible valeur, situés dans des zones humides ou trop sèches étaient laissés à l’usage collectif et exclusif des habitants.
Pierre de SAINT-JACOB, dans son ouvrage sur les paysans de la Bourgogne du Nord au siècle dernier, précise « que le finage est la possession du village. C’est par la résidence que l’on appartient à la communauté ».
Encore faut-il satisfaire à diverses obligations :
– Faire état de bonnes vie et mœurs devant le conseil de communauté réuni au lieu accoutumé (à Ruffey près du four banal).
– Payer le droit d’habiter. A Ruffey, en 1596, les habitants paient le « droit de bourgeoisie » (droit d’habiter le bourg) qui s’élève à deux « émines d’avoine » payables le lendemain de la Toussaint à peine de 60 sols d’amende.
– Contrôle très sévère des « étrangers ». En 1751, un acte du Seigneur de Ruffey défend aux habitants de recevoir des étrangers.
L’administration des communaux est collective. L’assemblée du village se réunit au lieu accoutumé et décide du mode d’exploitation, des dates de vaine pâture, ainsi que de tous les actes et procédures nécessaires.
Ces prérogatives sont régulièrement reconnues. Ainsi, une transaction passée le 27 octobre 1577 entre Bernard DESBARRES et les habitants confirme leurs droits sur les communaux.
« Les habitants d’Echirey et de Bellefond jouiront respectivement les uns et les autres de tous les droits, treige, possessions, liberté, usages et pâtures comme ils ont fait du passé sans aucune innovation. »
Mais avec les progrès de l’agriculture cette possession paisible est remise en cause.

II. Vers une appropriation individuelle des communaux
Cette tendance va se développer avec les progrès de l’agriculture. Or, ces terrains, pour les plus pauvres, représentent un intérêt vital. C’est la raison pour laquelle ils vont lutter pied à pied contre les tentatives d’accaparement. Toutefois, il convient de distinguer deux périodes dont la charnière se situe à la révolution.

A. Avant la révolution
Les tentatives d’accaparement ou d’usurpation résultent soit du seigneur, soit de paysans aisés. Le seigneur profite des difficultés financières de la communauté pour s’approprier les communaux.
Les paroisses doivent faire face à des charges écrasantes liées aux guerres incessantes (notamment en 1636) :
– hébergement et nourriture des troupes,
– procès interminables,
– épidémies.
Pour y faire face, elles recourent à l’emprunt auprès du seigneur ou des riches particuliers. En garantie, elles abandonnent une partie de leur patrimoine :
– en 1607, un acte confirme la concession faite par les habitants d’Echirey de leur droit sur les bois des Aiglottes en échange d’un secours pour un procès.
– en 1613, Pierre DESBARRES utilise une autre technique, il concède aux habitants de Ruffey deux passages sur ses terres pour le bétail en échange d’une pièce de terre.
Au besoin, le seigneur s’adresse à la justice pour obtenir ce qu’il convoite (procès contre la communauté pour obtenir la propriété des noyers plantés sur les pâquis communaux).
Les particuliers tentent de s’approprier les communaux par une occupation sans titre.
De nombreux procès illustrent ces difficultés, en particulier le procès GRUARDET-MILLE et le procès CONTOSSET. Dans les deux cas, les communaux font l’objet d’usurpation.
Ainsi, GRUARDET loue des terrains appartenant à Mme MILLE de Dijon. Ces biens jouxtent les communaux. Peu à peu, l’empiètement exercé par le « rentier » devient intolérable, le procès est inévitable. L’acte introductif d’instance précise que « les habitants n’ont presque plus de terrain pour faire paître leurs vaches et que les plus pauvres en souffrent énormément ».

B. Après la révolution
Les bouleversements politiques remettent en cause les usagers antérieurs. La commune remplace la paroisse et le système féodal s’effondre. Par ailleurs les révolutionnaires consacrent le droit de propriété individuelle. Pour ces nouvelles collectivités locales, deux conséquences en résultent ouvrant une période procédurale longue et fastidieuse.
– Fixer les limites territoriales de la commune,
– Procéder au bornage des communaux et leur répartition entre les sections de Ruffey et Echirey.

1. Limites du finage
Alors que la délimitation du territoire se fera aimablement avec Varois, une longue procédure opposera Ruffey-lès-Echirey et Bellefond. Ces deux communes disposent de pâquis communs. Or, les impôts fonciers étaient payés intégralement par les habitants de Ruffey-lès-Echirey. La détermination des limites de chaque collectivité et la part d’impôt leur revenant va donner lieu à d’âpres discussions et de longues procédures dont voici la chronologie.
24.01.1844 Ruffey-lès-Echirey demande au Préfet le partage amiable des pâquis,
04.08.1844 Refus de Bellefond notifié par le Préfet,
01.07.1845 Autorisation de Ruffey de demander le partage en justice, ainsi que le remboursement des impôts fonciers, 
27.08.1846 M.RENAUDET, géomètre, est désigné par les deux communes.
Février 1846 Bellefond doit rembourser à Ruffey les impôts fonciers depuis 1811 à raison de 55/120°.

Le litige se terminera en 1850 par le remboursement des frais de plaidoirie.
La répartition des communaux entre les sections d’Echirey et Ruffey va suivre une évolution similaire.

2. Répartition des communaux entre les sections d’Echirey et Ruffey
La procédure de bornage se heurte aux contestations soulevées par les acquéreurs de biens nationaux appartenant à l’émigré BOUHIER. Elle va durer de 1796 à 1842.
03.06.1796 Estimation du moulin du Basmont,
22 prairial an 4 Adjudication de ces biens à David Samuel BLUM, négociant à Dijon.
Parallèlement, vente du Basmont à M.LAGUESSE par ces derniers.

19.06.1814 Vente par Anne Augustine Bénigne ESPIARD épouse de Jean-Baptiste Lazare Pierre ESPIARD, habitant la Cour d’Arcenay, héritière BOUHIER, de deux terrains au sieur LAGUESSE,

– d’un terrain de 6,50 ares au milieu duquel coule l’eau sortant de la fontaine appelée « la Cuve du Basmont »,
– d’un terrain ou était autrefois le moulin et dépendances dit « écoute s’il pleut » de 17,28 ares lieu dit Espréaut,
– d’une rente foncière de 30 livres tournois.
22.06.1810 Pétition présentée au préfet par M.VIENAILLAUD portant opposition à la demande de vente au profit d’Echirey des arbres qui appartiennent à la succession BOUHIER.
02.04.1810 Il est fait droit à cette pétition.
13.08.1814 Pétition au Préfet : M.LAGUESSE demande la distraction du bord septentrional du bief du moulin du Basmont compris dans la vente des terres communales d’Echirey et Ruffey.
27.09.1814 Désignation de M.MOREL, arpenteur pour faire procéder au bornage.
05.08.1815 Demande de sursis à aliénation.
25.04.1815 Nomination de M.DETOURBET, arpenteur géomètre, pour assister les sieurs MOREL et LAUIZON.
04.04.1819 Présentation par M.LAGUESSE de ses titres et réalisation du plan de bornage.
15.06.1819 Approbation du plan de bornage. La division en lots sera confiée à M.MOREL de la ROCHETTE et donnera lieu à l’attribution de 115 lots à Ruffey et 54 lots à Echirey.
02.02.1834 Paiement de 149,25 fr pour extraits de plans.
09.08.1842 Paiement des frais d’arpentage facture de 1 832,80 fr ramenés à 1 232,80 fr par le Préfet.
Près de cinquante ans ont été nécessaires pour apaiser ces querelles. Ces temps sont heureusement révolus. Ils traduisent cependant l’attachement viscéral des habitants à ces droits immémoriaux qui nous enracinent dans un terroir.

  Marie-Odile REBILLY

Soldat Henri Giroux

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Qui était Monsieur Henri GIROUX ?

Il est né à Gemeaux en 1923. A la mort de sa mère, il vient à Ruffey-lès-Echirey où il est élevé par sa grand-mère, Alice Monnet épouse Bonnard. En 1945, engagé volontaire, soldat du 1er régiment de Bourgogne, Henri Giroux est en permission dans sa famille à Echirey. Le vendredi 23 mars 1945, Monsieur Edouard Mercier d’Echirey semait de l’avoine. Il aperçoit Henri Giroux, en militaire, qui posait des collets. Le soir venu, n’étant pas rentré à Echirey, des recherches s’organisent et l’on découvre le corps du malheureux sauvagement assassiné, au lieu-dit « Les Allouères ». Marcel VOIRET ramène le corps à la famille. Rapidement la gendarmerie d’Arc-sur-Tille prend l’affaire en mains. Des barrages sont établis. Les soupçons se portent sur des prisonniers allemands aperçus dans la soirée. Samedi 24 mars, à 2 heures du matin, ils sont arrêtés près de Montigny-sur-Vingeanne. L’un se jette sur son gardien pour le désarmer, l’autre gardien l’abat. Le second prisonnier, Willy Grunst, fut condamné aux travaux forcés à perpétuité en août 1945.

Les obsèques d’Henri Giroux ont lieu le 27 mars 1945 en l’Eglise de Ruffey-lès-Echirey en présence d’une nombreuse assemblée. Henri Giroux avait 22 ans. Il est enterré avec les honneurs militaires dans le cimetière d’Echirey.

Pour l’anniversaire de la mort d’Henri Giroux, le conseil municipal dans sa séance du 21 mars 1946 décide de faire l’achat d’une gerbe de fleurs qui sera déposée au monument élevé à sa mémoire et de faire une collecte parmi la population dont le montant sera affecté à l’entretien dudit monument.
Il faut attendre le 23 août 1949 pour que le conseil municipal décide de procéder à l’inauguration du monument Giroux le dimanche 28 août 1949 à 13h30. Le discours inaugural fut prononcé par Jean Veillet, conseiller général.

Epitaphe : « Ici fut tué lâchement par des allemands, le 23 mars 1945, Henri GIROUX, Soldat de la 1ère Armée.

Jeunesse souviens-toi du teuton.

Lotissement « La Rangée »

La municipalité a choisi des noms de rues en rapport avec notre commune.

Il est difficile de ne pas connaître L’Abbé Pierre, célèbre par ses « coups de gueule », en particulier pendant l’hiver 1954 ; il a passé sa vie à oeuvrer en faveur des déshérités et des mal-logés. Il fut à l’origine de la création des compagnons d’Emmaüs. Il fut aussi député de 1945 à 1951. Décédé en 2007, il a laissé un souvenir inoubliable dans notre pays pour toutes ses actions accomplies au cours de la seconde partie du 20ème siècle.

L’Abbé Bouhey a été le curé en titre de la paroisse de Ruffey-lès-Echirey. Curé pendant 27 ans, de 1951 à 1978, les anciens se souviennent de lui pour ses actions en faveur des jeunes. En effet, il a encouragé la création de camps de vacances, organisé des colonies et a été initiateur de cours de théâtre au sein même du café Chez François devenu le restaurant La Taverne. Décédé en 1994, il a demandé à être enterré à Ruffey-lès-Echirey.

Le docteur Maurice Quignard, figure de la résistance locale pendant la dernière guerre, exerçait à Vitteaux. Il était le fils d’Antonin Quignard, instituteur à Ruffey-lès-Echirey. Pendant l’occupation, le docteur Quignard a soigné, à l’insu de l’occupant, un major allemand, le major Werner, blessé par la résistance. Arrêté, il a été fusillé à Montmuzard le 1er mars 1944.

Le 1er régiment de Bourgogne a été créé par le maréchal de Lattre après la libération de Dijon en 1944. Il était composé de volontaires, anciens FFI pour la plupart, une armée de non professionnels. Il était stationné sur les communes de Ruffey-lès-Echirey, Norges et Bretigny pour terminer l’entraînement des troupes avant de partir combattre l’Allemagne. Il fut rattaché au 35ème régiment d’infanterie en 1945.

Ruffey-lès-Echirey, Terre d’asperges

Vedette du printemps sur les étals des marchés de la région dijonnaise, l’asperge de Ruffey, blanche à pointe violette, offre une chair exquise teintée d’une légère amertume. Cette asperge locale, provenant d’une variété hâtive d’Argenteuil acclimatée dans la région dans la seconde moitié du XIXème siècle, tire sa typicité des sols argileux qui la rendent plus courte (la lame fine du couteau utilisé pour la couper s’y enfonçant moins profondément que dans le sol sableux), et donc moins fibreuse, plus juteuse. L’asperge de Ruffey se reconnaît à sa coupe en biseau.

Les étapes de la culture des asperges de Ruffey-Lès-Echirey :
photo 1 : bandeau creusé
photo 2 : griffes d’asperges
photo 3 : plantation des griffes à plat
photo 4 : couteau àasperges
photo 5 : cueillette
photo 6 : tri par catégories
photo 7 : dernières cueillettes
photos 8 : travail des bandeaux
photo 9 : les balais à l’automne

 

 

Marché du dimanche matin

Le petit marché rufféen du dimanche matin !

A noter les absences du marché dominical durant la période estivale : 
CHAUDOT DAVID (boucher) :
24 juin ; 15 juillet ; 12 et 19 août
Mme VIARD (maraîchère) :
17 juin ; 15 juillet ; 19 août
Séverine (fromagère) :
15 juillet ; 5, 12 et 19 août
Mme MARTIN (brioches) :
8 et 15 juillet ; 19 août ; 2 septembre
PAS DE MARCHE DU TOUT :  LES 15 JUILLET et 19 AOUT

 

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8 heures : sur la place de la mairie, des marchands s’installent déjà pour être prêts à accueillir les clients dès 9 heures.

Ce marché accueille divers commerces : fruits, légumes, boucherie-charcuterie-traiteur, fromages où vous trouverez également du pain et des fruits, miel, et selon les saisons s’y ajoute une poissonnerie. 

Le marché dominical participe à l’animation de la vie locale. Au fil du temps, il devient un lieu incontournable, non seulement pour les rufféens, les touristes des chambres d’hôtes et des gîtes mais aussi pour les habitants des communes voisines.

On y vient pour acheter, bien sûr, mais aussi pour flâner, rencontrer, humer les bonnes odeurs de poulet grillé, … d’autant plus lorsque le soleil est de la partie. S’il pleut, vante ou neige, le petit marché s’installe dans la cour de l’école élémentaire. Alors, n’hésitons plus, tous au marché le dimanche matin !

Marché nocturne annuel

Le marché nocturne de Ruffey-lès-Echirey est devenu un événement incontournable de la vie communale et intercommunale Norge et Tille. Il a lieu le premier samedi de septembre pour la Saint Grégoire. Une quarantaine d’artisans, producteurs et autres vendeurs de produits gastronomiques se retrouvent pour animer cette belle soirée de fin d’été de 18h à 23h.

Prochain marché nocturne : samedi 1er septembre 2018

Vous souhaitez participer au marché nocturne en tant qu’exposant,

– prenez connaissance du règlement intérieur , reglement-interieur-marche-nocturne

-remplissez la fiche ci-jointe :  fiche d’inscription au marché nocturne 2018

et retournez-la accompagnée des pièces demandées et du chèque de paiement.

Hébergement

Sur la commune, vous trouverez des chambres d’hôtes ainsi que des gîtes.


Chambres d’Hôtes :

Ame de la Terre  : 5 chambres d’hôtes

MEYROUX Philippe & KRIECHBAUM Simone – 2, rue de Dijon

Tel : 03 80 47 81 45 – www.chambresdijon.com


Gîtes :

GAROT Daniel – Gîte de la ruelle basse – 34, rue de Dijon – Tel : 03 80 47 53 32

PACOTTE Anne-Marie – Gîte Au Pressoir – 1, rue du Pressoir – Tel : 03 80 47 53 34

PARIS Michel – Gîte La Motte – 17, rue de la Motte – Tel : 03 80 36 05 85

Situation géographique

Que vous soyez en déplacement professionnel ou de passage, à la découverte de la Bourgogne, Ruffey-lès-Echirey est le lieu idéal pour séjourner en chambre d’hôtes ou en gîtes et tout en étant très proche des activités citadines.

Notre commune se trouve à moins de 5 km du centre ville de Dijon, à 2 km de la zone d’activité « Cap Nord », du centre d’affaires « Parc Valmy », de la salle de concert du « Zenith » et du centre commercial de la « Toison d’Or », et seulement à 9 km du Country Club de golf Dijon Bourgogne situé à Norges-la-Ville.

La sortie n°4 de l’autoroute A31 se trouve à seulement 8 kilomètres du village.

Ruffey pour en savoir plus…

Histoire du village

Date de naissance : époque gallo-romaine.

Habitants : Depuis le dernier recensement de 1999 à 2008, la population est passée de 1 182 à 1 132 Rufféennes et Rufféens.

2018 : 1 330 habitants.

Superficie : 1 112 hectares, soit 103 habitants par km²

Altitude  : 240 m.

Code INSEE : 21535

Sobriquets : les Badauds pour Ruffey, les Bourgeois pour Echirey.

Maire : Nadine MUTIN


Signe particulier :

Les armoiries de Ruffey-lès-Echirey se blasonnent « D’or à la fasce d’azur chargée d’une étoile d’argent, aux trois croissants de gueules, deux en chef et un en pointe ». Elles reprennent les éléments des armoiries de la famille Desbarres.

Le nom de la commune provient de la contraction de Ruffey et Echirey, qui sont deux parties distinctes du village, l’intitulé définitif de la commune étant apparu en 1826.

Anecdote :

La fresque qui se trouve au-dessus du maître-autel de l’église Saint-Grégoire est une copie fidèle des Docteurs de l’Eglise du peintre italien Francesco Sacchi (1599-1661). Copie pas si fidèle que ça puisque Léon Leniept, le peintre qui l’a réalisée, n’a pas suivi son modèle pour représenter le visage de Saint Grégoire, à qui il a donné des traits ressemblant plutôt à ceux de l’abbé Jacotot, commanditaire de l’oeuvre. Espièglerie ou reconnaissance de la part de l’artiste qui, il est vrai, refusait de peindre quand sa bouteille était vide…

Coup de coeur :

Témoins d’une époque et de l’histoire du village :

  • le lavoir d’Echirey, alimenté par une source jaillissant du sol à cinquante mètres en amont. Tout à côté, se trouve une niche gothique portant l’inscription 1608. Le ruisseau qui longe à couvert la rue de la Motte, nourrit la mare située un peu plus loin à gauche, puis va rejoindre le ruisseau du Basmont ;
  • le lavoir du Basmont, aux cinq arcades, date de 1864 et est alimenté par l’eau du ruisseau du même nom. Son eau, dont la température est d’environ 15° en toute saison, aurait des priorités thérapeutiques ;
  • la mare de la rue du Fontenis, qui aurait été construite en 1756 à la demande du seigneur de Berbisey, servait à rouir le chanvre, c’est-à-dire tremper dans l’eau les plantes textiles pour séparer les fibres que l’on pouvait ensuite filer.

Les Maires de Ruffey-lès-Echirey

En 1790, les « lettres patentes du Roi » régissent la constitution des municipalités. Ce que nous connaissons de la municipalité s’appelle alors le conseil général de la commune de Ruffey et Echirey. Ruffey fait alors partie du canton de Saint-Julien, appartenant lui-même au district de Dijon. Le maire est élu pour deux ans par les citoyens actifs (masculin), de plus de 25 ans, il prête serment au roi et à la nation mais n’a aucun pouvoir. Dans ces conditions, avec ce que nous avons pu retrouver, le premier maire qui signe maire s’appelle Jean MORIZOT (1790-1793).

En nous basant sur le calendrier révolutionnaire nous trouvons ensuite Antoine PONCET (An II-III), Claude MAIRET (An III-IV), Pierre BUSFIERRE (An IV-V), Pierre MORIZOT (An V), Claude MAIRET (An VI), Claude BRULEY (An VI-VII), Jean baptiste LOMBARD (An VII). Ce dernier est alors président du canton du Val JULIEN. Ses prédécesseurs, ainsi que Claude ROUYER (An VIII), signent « Officier public » ou « Agent municipal » . L’An VIII, voit une nouvelle fois Pierre BUSSIERE (AnVIII-XIII), avec la réapparition du Calendrier Grégorien sur ordre du premier Consul, le 1°janvier 1806. A partir de l’An VIII, le nom de maire réapparait définitivement. Pierre BUSSIERE a acheté sur ses propres deniers le premier registre de délibération. Les principales préoccupations de cette époque sont les échanges de titre de propriété et les choix du garde champêtre.

Denis GRUARDET (1806-1807) lui succède mais suite à son décès prématuré, est remplacé par Nicolas CLAIR (1807-1815). A cette époque les maires, choisis hors du conseil, étaient désignés par le préfet ou le 1° consul pour les villes de plus de 5000 habitants (loi du 28 pluviôse an VIII). Quelques décisions prises alors : en 1811 arrêté du préfet pour interdire l’utilisation de bois pour lier les gerbes, en 1813, démolition de la halle située au centre du village.

Claude ROUYER (1815-1820) lui succède suivi de Nicolas CLAIR (1821-1829). Il semble que l’adjoint Claude SAUSSIE exerce pendant presque un an le rôle de maire en 1820. Pendant cette période la commune devient Ruffey-lès-Echirey (1826), connaît un recensement. 

Une délibération est lancée pour la construction des trois lavoirs. Jean BLAGNY (1829-1830), prend la suite après que FREMIOT eut refusé le mandat, et les conseillers prêtent serment.

Vient ensuite Claude SAUSSIE (1830-1842) après la démission de Sébastien SAUSSIE (maire pendant 10 jours). La loi du 21 mars 1831 a instauré le choix des maires au sein du conseil municipal mais ceux-ci sont toujours désignés par le préfet ou par le roi pour les villes de plus de 3000 habitants, les électeurs devant avoir plus de 21 ans et être parmi les plus imposés de la commune.

Claude FOUILLARD (1842-1848) prend sa succession, après que SAUSSIE ait démissionné. Sous son mandat, des problèmes apparaissent entre Bellefond et Ruffey-lès-Echirey concernant des pâtis donnés par Desbarre en 1577, et à propos de leur juste répartition : intervention de géomètres et procès à la clef. La nouvelle église est réceptionnée en 1844. Claude FOUILLARD connaît lui-même des problèmes, certains habitants, contestant le fait qu’il soit à la fois maire et buraliste demandant qu’il fasse un choix : finalement il abandonnera son poste de buraliste.

Jean GUILLEMIN (1848-1851) prend la suite, le maire est alors élu par les conseillers municipaux mais dans les villes de plus de 6000 habitants, ils sont nommés par les préfets (loi du 30 Juillet 1848). Ce maire connaît également certains problèmes, la délation est à son comble. Ainsi, un groupe d’habitants le dénonce aux autorités pour ne pas avoir empêché des chants séditieux entonnés par des rouges venus de Dijon ou de ne pas être intervenu lors de l’agression de l’ancien maire FOUILLARD par un certain Jean Baptiste DRIE. Ce dernier est condamné à un mois de prison pour coups et blessures. Jean GUILLEMIN, lui, est suspendu pendant trois mois (remplacé par BUSSIERE) puis finalement révoqué en 1851, BUSSIERE assurant la transition jusqu’en 1852.

Son successeur, Nicolas MIDAN (1852-1870) après des élections annulées une première fois faute de votants, est finalement élu Mais un nouveau décret de Napoléon III (26 mars 1852) clarifie la situation pour l’avenir, en rétablissant la nomination par le préfet des maires et des adjoints (choisis hors conseil municipal) pour les communes de moins de 3000 habitants. Nicolas MIDAN doit prêter serment : « Je jure obéissance à la constitution et fidélité à l’empereur ». La commune devra assumer l’occupation par les prussiens après la défaite de 1870 de cette partie de la France. La municipalité votera un règlement pour la fourniture d’avoine et organisera la réquisition des chevaux. Les personnes s’y soustrayant encourent des sanctions. Au cours de ce mandat, Nicolas MIDAN enverra une lettre de soutien à Napoléon III après l’attentat de 1867. Quelques actions pour la commune : achat de pompes à incendie et drainage des pâtis. Nicolas MIDAN est révoqué en octobre 1870 et remplacé par des maires qui auront un mandat assez court :

Jean GUILLEMIN (1870-1871) puis, Charles MERCIER (1871-1873) démissionneront successivement. Ils seront suivis par Nicolas MERCIER (1873-1874), et de nouveau par Nicolas MIDAN (1874-1876). Depuis 1871, les maires sont élus pour cinq ans par les conseillers municipaux sauf dans les villes de plus de 20 000 habitants et les chefs lieu de canton.

Jean GUILLEMIN (1876-1878) revient, suivi pendant un an par Nicolas MERCIER (1878-1879), et à nouveau nous retrouvons Jean GUILLEMIN (1879-1884). Pendant son mandat, la loi électorale de 1882 établira que le maire et les adjoints seront élus par le conseil municipal (sauf à Paris) et une nouvelle loi en 1884, ramènera le mandat municipal à quatre ans. En 1880, le préfet exigera que le 14 Juillet soit fêté avec dignité.

Henry JOUDRIER (1884-1888) lui succède. Quelques faits intéressants du mandat : la commune fait l’acquisition de fusils scolaires pour initier les élèves au maniement des armes, le désir de revanche sur la défaite de 1870 est bien ancré dans les mentalités. Par ailleurs, la commune enverra une lettre de soutien à la famille de Victor HUGO mort en 1885. L’autorisation de l’introduction des cépages américains est accordée. Un arrêté interdit les processions à Ruffey-lès-Echirey pour éviter de troubler l’ordre public. Quatre nouveaux maires se succéderont ensuite :

Joseph BRULE (1888-1892), François VERLOT (1892-1896), Pierre MONGEOT (1896-1904), Claude MIDAN (1904-1908).

Philippe PACOTTE (1908-1925), sera maire pendant la Grande Guerre. Au cours de cette période, la vie municipale est consacrée à cette situation. Le nombre de conseillers sera rarement plus de cinq et certains comptes rendus font même état de trois conseillers présents à un conseil. Les autres, dont le maire étaient mobilisés ou prisonniers. La municipalité vote des allocations pour les troupes stationnées à Ruffey-lès-Echirey pour l’achat de combustible divers, pour les réfugiés des zones envahies, ou pour les mobilisés. Philippe PACOTTE revient en décembre 1917. La commune décide de faire ériger un monument aux morts en janvier 1919 avec une participation des habitants et adressera une lettre de remerciement au Général Pershing la même année. En 1922, le clocher de l’église est peint en bleu, blanc et rouge.

Georges GODOT (1925-1935), fut ensuite élu maire et en 1929 la nouvelle loi électorale fixa la durée du mandat à six ans. Pendant ce mandat, il fut procédé par le préfet à l’exclusion d’office de trois conseillers municipaux pour trois absences consécutives sans motifs valables. Vient ensuite :

Arsène PACOTTE (1935-1937), qui décède prématurément au cours de son mandat.

Léon VOIRET (1937-1944) le remplaça et eut à gérer la période de la guerre. Une nouvelle fois, le conseil fonctionne avec un nombre réduit de conseillers sept, puis quatre, pour les mêmes raisons que lors de la dernière guerre. Les chevaux sont réquisitionnés, la mairie confectionne des cartes d’alimentation, les conseils sont espacés. Pendant l’occupation, l’école de garçons et les logements des maîtres sont occupés par les allemands et les instituteurs sont obligés de se loger par leurs propres moyens.

Stéphane MARTIN (1944-1945) est élu pour un an et remplacé par Jean Baptiste MOUILLEBOUCHE (1945-1947). Ce dernier organise un banquet en novembre 1945 pour le retour des prisonniers. Ce maire, qui restera adjoint, cède la place à Jean PACOTTE (1947-1974), fils d’Arsène, qui a une place de choix dans cette présentation car il occupa le plus longtemps le poste de maire. Cette longévité, associée à la stabilité revenue après les guerres, ont permis de jeter les bases pour faire entrer Ruffey-lès-Echirey dans l’ère moderne. Ses successeurs ont ainsi pu continuer ce travail. Durant ce mandat naissent syndicats intercommunaux : eau, électrification, assainissement, chemins. De nouvelles classes ouvrent, et un programme de travaux est engagé. Déjà la commune cherche à préserver les terres de bonne qualité en refusant l’extension de la ville de Dijon sur le domaine agricole. Les prémices de la communauté de communes sont sous-jacent avec la création du « Syndicat de la voie romaine et de la vallée de la Norge » en 1971 ainsi que de la vie associative par la création de la SCS en 1960. Ruffey-lès-Echirey doit s’adapter et se résoudre à la vente de la bascule à la ferraille, et à la suppression de l’activité de sa gare. Jean PACOTTE décède au cours de son mandat et est remplacé par Marcel MILLIARD (1974-1977). L’aménagement du nouveau cimetière est décidé. La vente du corbillard municipal est votée, marquant ainsi la fin d’une tradition ancrée dans l’imagerie populaire.

Roger PAGGI (1977-1995), Michel BLANC (1995-2014) puis Nadine MUTIN (2014-…) ont assumé et assument la continuité depuis qu’un maire existe à Ruffey-lès-Echirey.